LE 1ER MAI : JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEURS ET DES TRAVAILLEUSES

“PAS DE RETOUR À L’ANORMAL”

En cette journée de mobilisation du 1er mai,
XR ville de Québec a déployé sa bannière à la Porte St-Jean pour proclamer que le retour à l’Anormal n’est pas une option.

La situation dite “normale” nous mène droit vers un réchauffement planétaire alarmant qui entraînera des catastrophes environnementales et humanitaires sans précédent.

1er mai 2020 : PAS de retour à l'ANORMAL

En cette journée de mobilisation du 1er mai,XR ville de Québec a déployé sa bannière à la Porte St-Jean pour proclamer que le retour à l'Anormal n'est pas une option. La situation dite "normale" nous mène droit vers un réchauffement planétaire alarmant qui entraînera des catastrophes environnementales et humanitaires sans précédent. Notre bannière n'a malheureusement pas coopéré et s'est arrêtée avant de dévoiler notre message inscrit au bas : "Renaissons Autrement" Car oui, nous devons collectivement refuser ce retour à la destruction du monde, et construire un modèle viable qui repose sur la résilence, la justice et de respect de la vie.#PasderetouralAnormal

Publiée par Extinction Rebellion Ville de Québec sur Vendredi 1 mai 2020

Notre bannière n’a malheureusement pas coopéré et s’est arrêtée avant de dévoiler notre message inscrit au bas :
“Renaissons Autrement”

Car oui, nous devons collectivement refuser ce retour à la destruction du monde, et construire un modèle viable qui repose sur la résilence, la justice et de respect de la vie.
#PasderetouralAnormal

VIDÉO : Ça va bien aller, si…

on se mobilise et que l’on force le changement vers une société plus juste et que l’on refuse le retour à l’Anormal.
Crédit montage : Laurent Metais

Ça va bien aller, si …

Pas de retour à l'anormal, mobilisons nous! Ça va bien aller, si on se mobilise et que l'on force le changement vers une société plus juste !Crédit montage : Laurent Metais

Publiée par Extinction Rebellion Ville de Québec sur Vendredi 1 mai 2020

CONFÉRENCE DE PRESSE POUR LE 1er MAI 2020

Prise de parole pour XRVQ : Geneviève Dorval

Conférence du 1er mai 2020

Conférence de presse pour le 1er mai 2020. Prises de paroles variées sur les thèmes des conditions de travail, de vie et d’existence. Avec : – Julie Tremblay pour le Regroupement des organismes communautaires de la région 03 – Simon Pouliot pour l'Adds QM- Geneviève Dorval pour Extinction Rebellion Ville de Québec- Dany Harvey pour le Conseil régional FTQ Québec et Chaudière-Appalaches (CRQCA-FTQ)- Lorena Suelvez Ezquerro pour le Comité de femmes immigrantes de Québec- Lucie Gosselin pour le Centre Ressources Femmes BeauportAnimation : Anne-Valérie Lemieux Breton du Regroupement des groupes de femmes de la région de la Capitale-Nationale

Publiée par RÉPAC 03-12 sur Vendredi 1 mai 2020

Activistes en crise – Épisode 7 : XR Ville de Québec

Petite surprise !! Épisode consacrée à XR Ville de Québec ET on y parle de la mobilisation du 1er mai : PAS DE RETOUR À L’ANORMAL!!

Nous vous invitons à écouter les épisodes précédents et d’en discuter sur la page FB “Activistes en crise” de Extinction Rebellion Québec. Partagez-y vos idées.

Dans cet épisode, les deux co-animatrices interviewent Anne Rufiange, fondatrice de Extinction Rebellion dans la Ville de Québec.

Après la pandémie, plaidoyer pour une société résiliente

COLLECTIF D’AUTEURS avec XR Ville de Québec

11 avril 2020, Le Soleil

POINT DE VUE / Frappés par la pandémie de COVID-19, des pans entiers de l’activité économique sont à l’arrêt soudain et presque total. Pertes de revenus, endettement, faillites d’entreprises appréhendées: l’effondrement rappelle les pires semaines du krach de 1929. Ainsi, le premier ministre François Legault annonçait récemment que son gouvernement réoriente ses priorités afin de préparer la relance de l’économie suivant la crise sanitaire. Au palier fédéral, où les dépenses liées à la pandémie se comptent en centaines de milliards de dollars, le gouvernement de Justin Trudeau devra se livrer au même exercice. 

Mais de quelle relance parle-t-on? Là est la question.

La situation «normale» pré-pandémie était une crise climatique, sociale et écologique en développement, annonciatrice à court terme d’une crise économique et humanitaire sans précédent. Les racines de cette situation sont bien connues: l’exploitation débridée des ressources de la planète et des populations moins nanties, la surconsommation effrénée.

Une relance qui viserait un simple retour à cette situation «normale» n’est pas envisageable car elle ne ferait qu’aggraver les crises déjà en cours. Aussi, nous joignons nos voix à toutes celles qui se lèvent pour réclamer que les efforts de relance s’inspirent des projets de transition dans leurs diverses incarnations, notamment la Feuille de route vers un Québec ZéN du Front commun pour la transition énergétique, les 101 idées pour le climat du Pacte pour la transition et les Chantiers de la Déclaration d’urgence climatique, afin de créer une richesse durable: notre résilience collective, qui ne peut fleurir que dans un environnement physique, économique et social sain.

Pour créer de la résilience, les fonds de la relance doivent servir à accélérer une transition juste vers une économie carboneutre, affranchie des énergies fossiles, soucieuse du vivant et réparatrice des dommages déjà infligés à la nature, solidaire, respectueuse des droits humains et du droit à l’autodétermination des peuples autochtones, capable de répondre aux besoins de base de la population sans dépendre des humeurs des marchés financiers mondialisés. Ils doivent soutenir les travailleurs et travailleuses qui en ont besoin dans tous les secteurs, mais non les activités qui accélèrent le réchauffement climatique et la perte de biodiversité comme l’extraction et le transport de pétrole et de gaz, l’aviation ou la construction d’autoroutes.

Dans cette optique, nous proposons que Québec et Ottawa ciblent les chantiers suivants comme tremplins pour amorcer les transformations profondes qui s’imposent tout en relançant l’activité économique et l’emploi après la pandémie:

1. Mise en place de critères d’écoconditionnalité et de justice sociale pour toutes les mesures de relance
2. Restauration des milieux naturels et protection de la biodiversité
3. Transition juste pour les travailleurs, les travailleuses et les communautés touchés par la migration de l’économie vers les secteurs faibles en carbone
4. Renforcement des services publics, notamment en petite enfance, en éducation et en santé, ainsi que des programmes sociaux et du secteur communautaire
5. Priorisation des initiatives d’économie sociale, solidaire et de proximité
6. Programmes d’efficacité énergétique et infrastructures de production électrique sans énergies fossiles et sans nucléaire partout au Canada
7. Accélération du déploiement des infrastructures de transport actif, collectif et partagé
8. Chantier de souveraineté alimentaire, d’écologisation de la production agricole et de régénération des sols
9. Rénovation écoénergétique des bâtiments et conversion aux énergies renouvelables des systèmes de production de chaleur au mazout ou au gaz
10. Relocalisation industrielle et diversification manufacturière conjuguées à la décarbonation de l’industrie et à la réduction à la source des déchets par l’écoconception, les processus circulaires et les procédés zéro émission
11. Soutien au remplacement des produits, contenants et emballages à usage unique par des solutions axées sur le réutilisable et la consigne
12. Soutien à la culture
13. Infrastructures de tourisme local écologique
14. Éducation à l’écocitoyenneté

L’urgence d’agir ne nous dispense pas de planifier le rebond après-pandémie avec clairvoyance. Ne ratons pas ce rendez-vous avec l’histoire: l’avenir des générations montantes et futures en dépend.

1. Eric Pineault, professeur, Institut des sciences de l’environnement, UQAM
2. Diego Creimer, Fondation David Suzuki
3. Carole Dupuis, Mouvement écocitoyen UNEplanète
4. Marjolaine Mercier Dt.P., APSAV.org
5. Alexandre Warnet, Laval en transition
6. Claude Vaillancourt, ATTAC-Québec
7. Louise Morand et Mireille Asselin, architecte, L’Assomption en transition
8. Jean-François Boisvert, Coalition climat Montréal
9. Benoit St-Hilaire, Prospérité sans Pétrole, Rimouski
10. Jonathan Théorêt, GRAME
11. Maude Prud’homme, Réseau québécois des groupes écologistes
12. Frédérique Hamel, Transition Capitale nationale
13. Joseph EL-Khoury, Demain Sud-Ouest
14. Laure Waridel, Le Pacte pour la transition
15. André-Yanne Parent, Le Projet de la réalité climatique Canada
16. Caroline Toupin, Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)
17. Emmanuel Cosgrove, Écohabitation
18. Denise Laprise, Montmagny en transition
19. Haroun Bouazzi, militant pour les droits de la Personne
20. Éric Ferland, Foire ÉCOSPHÈRE
21. Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MÉPACQ)
22. Pascal Bergeron, Environnement Vert Plus
23. Alice-Anne Simard, Nature Québec
24. Catherine Gauthier, ENvironnement JEUnesse (ENJEU)
25. Valérie Gilker Létourneau, L’R des centres de femmes du Québec
26. Denis Bourque, professeur, Département de travail social, Université du Québec en Outaouais (UQO)
27. Marie-Josée Renaud, Union paysanne
28. Anne Dionne, deuxième vice-présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ)
29. Christian Daigle, président général, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ)
30. Patrick Provost et Thierry Lefèvre, co-coordonnateurs du regroupement Des Universitaires
31. France Levert, Groupe Écosphère
32. Anouk Nadeau-Farley, Coalition Fjord
33. Michel Lambert, Alternatives
34. Anne Rufiange, Extinction Rebellion Ville de Québec (XRVQ)
35. Guy Boudreau, Comité vigilance hydrocarbures de Lavaltrie
36. Sylvie Berthiaume, Solidarité environnement Sutton
37. René Lachapelle, Groupe d’économie solidaire du Québec
38. Normand Beaudet Centre de ressources sur la non-violence
39. André Bélisle, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA)
40. Catherine Lussier, Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
41. Anne Plourde, Coalition solidarité santé
42. Joyce Renaud, Mobilisation climat Trois-Rivières
43. Patrick Bonin, Greenpeace Canada
44. Monique Hains, Ciel et Terre
45. Hélène Crevier, Alerte Pétrole Rive-Sud
46. Réal Lalande, Action Climat Outaouais (ACO)
47. Olivier RIffon, professeur en éco-conseil, Université du Québec à Chicoutimi
48. Paul Cassavant, TerraVie
49. Lena Zotova, La planète s’invite en santé
50. Nicholas Ouellet, Gazoduq, parlons-en!
51. Margie Mendell. Institut Karl Polanyi. Université Concordia
52. Mélanie Busby, Mobilisation environnement Ahuntsic-Cartierville
53. Lucie Massé, Action Environnement Basses-Laurentides
54. Vania Wright-Larin, Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et Chaudière-Appalaches
55. Bertrand Fouss, Solon
56. Elisabeth Gibeau, Union des consommateurs
57. Marianne Taillefer, AmiEs de la Terre de Québec
58. Dominic Vézina, Lab22 – Laboratoire d’innovations sociales et environnementales
59. Elsa Beaulieu Bastien, Carrefour de participation, ressourcement et formation (CPRF)
60. Pascal Huynh, Le Villageois – Création de cohabitats
61. Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)
62. Doris Provencher, Association des groupes d’intervention en défense des droits en santé mentale du Québec (AGIDD-SMQ)
63. Marie-Chantal Vincent, ECOsystemIE
64. Michel Jetté, Déclaration d’Urgence Climatique (DUC)
65. Jacques Benoit, GroupMobilisation (GMob)
66. Martin Poirier, NON à une marée noire dans la Saint-Laurent
67. Patricia Posadas, Prospérité Sans Pétrole
68. Maxime Baril, QUiNTUS Création
69. René Audet, Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique
70. Polémos, groupe de recherche indépendant sur la décroissance au Québec
71. Yves-Marie Abraham, HEC Montréal
72. Louise Royer, pastorale sociale, Église catholique à Montréal
73. Sara Maranda-Gauvin, Cultiver Montréal
74. Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES)
75. Lucie Sauvé, Directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté de l’UQAM (Centr’ERE)
76. Louis Marion, UDM Montréal
77. Angela Carter, associate professor, Department of Political Science, University of Waterloo
78. Marc Séguin, artiste.
79. Caroline Voyer, Réseau des femmes en environnement
80. Jane Barr, Transition NDG, Montréal

Troisième assemblée générale Extinction Rébellion Ville de Québec

Bonjour à tous,

le monde doit changer et nous devons penser à comment le faire. Les luttes sont vastes et globales, lors de nos deux premières assemblées nous n’avons pu trouver le temps de statuer sur tout.

Le dimanche 8 mars à 15h, nous tiendrons notre troisième assemblée, qui on l’espère permettra passer sur les propositions restantes, mais aussi de discuter plus amplement des revendications de Extinction Rébellion Ville de Québec.

Le lieu de la rencontre sera de nouveau à l’Université Laval, au pavillon Charles de Koninck, salle 1243.

Durant cette fin de semaine, il y également la fête des semences au pavillon Desjardins, kiosques, conférences; plein d’activité à faire avant de venir en AG 😉

Au plaisir de vous y voir !

Amour et rage,

Équipe XRVQ

20 février: Journée mondiale de la justice sociale ET climatique

Aujourd’hui afin de souligner la Journée mondiale de la justice sociale et pour revendiquer des actions rapides et majeures en matière de justice sociale et climatique des militant-e-s de Extinction Rébellion Ville de Québec et groupes communautaires et écologistes de la région se sont invité-e-s à l’Hôtel de ville de Québec pour sommer le maire Labeaume d’entreprendre des actions majeures, à l’échelle municipale, quant à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, telles que la gratuité et l’accessibilité du transport en commun et autres mesures.

Le groupe XRVQ a quant à lui demandé au maire de se prononcer contre GNL Québec. Nous faisions ainsi un rappel du 26 août dernier lorsque XRVQ s’était invité au conseil de ville pour lui faire cette même demande. Il avait refusé sous prétexte que ce n’est pas de sa juridiction et qu’il était inélégant de se prononcer sur des enjeux touchant d’autres municipalités.

Nous sommes revenus à la charge aujourd’hui en répondant que:
– la justice et l’intégrité de notre environnement dépassent une simple question d’élégance;
– que ce gazoduc qui va déchirer le territoire, polluer l’atmosphère et couler dans nos cours d’eau, lui, il ne respecte pas les juridictions des municipalités;
– que les GES n’ont pas de frontières … et leurs effets toucherons tous les Québécois;
– que c’est une multitude de communautés locales québécoises et communautés autochtones qui sont situées sur le tracé du gazoduc et risquent d’être affectées;
– que c’est sacrifier des d’espèces fragiles et importantes pour notre biodiversité … c’est sacrifier notre Béluga !!

Après avoir été expulsé par les policiers, les membres se sont déplacés vers le grand rassemblement prévu pour 16 h sur le Parvis de l’église Saint-Roch en plein cœur du centre-ville de Québec ou plusieurs discours et activités étaient prévus.

Voici la journée en photos, Crédit RÉPAC 03-12; Anne Guay

MÉDIA:
Climat : une cinquantaine de manifestants investissent l’hôtel de ville de Québec. 20 février 2020, Radio-Canada

XRVQ occupe le bureau de circonscription de Jean Yves Duclos

Le message à Jean-Yves Duclos: STOP TECK et COASTAL GASLINK

Le 13 février 13h30, XRVQ est allé dire à notre député libéral fédéral de Québec M. Jean-Yves Duclos de se prononcer contre le projet Teck Frontier à la fin février : la plus grosse mine de sables bitumineux jamais construite.

La crédibilité de votre gouvernement est en jeu; on ne peut sérieusement prétendre vouloir atteindre la carboneutralité d’ici 2050 et à la fois enfoncer davantage le Canada pour 41 ans encore dans des secteurs voués à disparaître!
“Échec à Teck”

De plus, de graves violations des droits de la nation Wet’suwet’en sont perpétrées en complicité avec votre gouvernement, alors que la GRC a arrêté illégitimement des membres de cette nation pour laisser libre court à la construction d’un pipeline de Coastal GasLink. Déloger les Wet’suwet’en de leur territoire pour faire place à un pipeline démontre que le gouvernement fédéral ne travaille pas dans l’intérêt du public, il travaille dans l’intérêt des corporations!!
“Pas de consentement? Pas de pipeline!”

Pour aider les Wet’suwet’en : https://bit.ly/2uHnT8Q
#WetsuwetenStrong #ÉchecÀTeck #RejectTeck

Envoyez une lettre à Justin Trudeau pour renoncer à TECK FRONTIER: https://bit.ly/31WHgXK

Lettre à Jean-Yves Duclos: Prenez vos responsabilités!

LE GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DOIT ABANDONNER LES PROJETS TECK FRONTIER ET LE PIPELINE DE COASTAL GASLINK EN TERRITOIRE WET’SUWET’EN

Lettre remise lors de l’occupation de son bureau le 13 février 2020 par XRVQ

QUÉBEC, le jeudi 13 février 2020

L’honorable Jean-Yves Duclos, C.P., député
Président du Conseil du Trésor
Chambre des communes
Ottawa (Ontario)
K1A 0A6

Monsieur le Ministre,

L’été dernier, votre gouvernement a officiellement déclaré l’urgence climatique au pays. Vous avez également décidé de surpasser les cibles de l’accord de Paris en promettant à tous les Canadiens, le 5 décembre dernier lors du discours du trône,  que le Canada atteindrait la carbo-neutralité d’ici 2050. Le premier ministre Justin Trudeau a également affirmé qu’aucune relation n’était plus importante à ses yeux que celle du gouvernement canadien avec les Autochtones, et s’est engagé à faire de la réconciliation avec les peuples autochtones son cheval de bataille.

Les Canadiens s’attendent maintenant à ce que vous preniez les actions audacieuses nécessaires à l’atteinte de vos déclarations. 61% des Canadien.ne.s appuient la résolution du gouvernement de limiter les changements climatiques, même si cela impliquait que l’économie en souffre [1]. 72% de ceux-ci sont en accord avec les jeunes qui revendiquent aujourd’hui une lutte sérieuse contre les changements climatiques. [2]. Lors des dernières élections fédérales, le deux tiers des électeur·trice·s canadien·ne·s votaient pour un parti qui avait identifié cette même lutte comme une priorité. [3]. L’enjeux climatique ne peut plus être ignoré, et des changements drastiques s’imposent. 

Deux opportunités clé s’offrent en ce moment à votre gouvernement pour démontrer son sérieux dans sa reconnaissance de la crise climatique et des droits des nations autochtones. D’une part, de graves violations des droits de la nation Wet’suwet’en sont perpétrées en complicité avec votre gouvernement, alors que la GRC a arrêté illégitimement des membres de cette nation pour laisser libre cours à la construction d’un pipeline de Coastal GasLink. D’autre part, d’ici la fin du mois de février, votre gouvernement devra trancher sur le sort du méga projet de sables bitumineux Teck Frontier, en Alberta.

Si ces deux projets sont autorisés à aller de l’avant, ils causeront des destructions irréversibles d’écosystèmes précieux, soumettront une fois de plus des membres des Premières Nations à la violence coloniale et contribueront à attiser les flammes du réchauffement climatique. 

Il est inconcevable que ces projets soient considérés comme étant dans l’intérêt du public. Les Premières Nations qui seront gravement affligées par ce projet ne font-elles pas partie du public dont vous êtes sensé défendre l’intérêt? En 2018, le GIEC n’a-t-il pas estimé que pour donner au monde 50% de chances de maintenir les conséquences du réchauffement climatique sous un niveau jugé sécuritaire, la production de pétrole devait être réduite de façon drastique et rapide? Si vous ne travaillez pas dans l’intérêt du public, de TOUS les publics, et que vous ne protégez pas nos perspectives de survie à moyen et long termes, pour qui travaillez vous?

La crédibilité de votre gouvernement est en jeu; on ne peut sérieusement prétendre vouloir atteindre la carboneutralité d’ici 2050 et à la fois enfoncer davantage le Canada dans des secteurs voués à disparaître.

Il y aura un prix fort à payer si votre gouvernement décidait d’approuver Teck Frontier et de criminaliser les résistants Wet’suwet’en et leurs alliés. Le Canada perdrait définitivement ses prétentions de leader climatique international, et votre gouvernement aurait des comptes à rendre s’il abdique à protéger l’avenir de nos enfants. Nous ne laisserons pas votre gouvernement expulser nos frères et soeurs Wet’suwet’en de leur territoire, et nous ne laisserons pas les industries fossiles compromettre la vie sur terre.

Monsieur Duclos, les canadiens, les québécois, les jeunes comptent sur vous pour bloquer Coastal GasLink et Teck Frontier.

[1] https://www.ledroit.com/actualites/politique/environnement–les-canadiens-en-faveur-de-mesures-en-depit-de-leconomie-96103829132ed61f918971f9b63b443e
[2] https://enjeu.qc.ca/trois-quarts-canadiens-appuient-les-jeunes/
[3] http://copticom.ca/2019/11/07/les-deux-tiers-des-canadien-ne-s-en-faveur-de-la-poursuite-ou-de-lintensification-de-laction-climatique/

Extinction Rebellion Ville de Québec 

Projet minier Teck Frontier : au carrefour de la crise climatique

La Presse: Publié le 07 février 2020 à 5h00 : https://bit.ly/2uNtMS6

PHOTO TIRÉE DU SITE INTERNET DE TECK RESOURCES
« Ce projet serait à lui seul responsable de l’émission de 4,5 millions de tonnes de CO2 chaque année », écrit Geneviève Dorval.
Geneviève Dorval

GENEVIÈVE DORVAL
MILITANTE ENVIRONNEMENTALISTE ET MEMBRE XRVQ

D’ici la fin du mois, le gouvernement fédéral doit trancher sur le sort de ce qui pourrait devenir la plus grande mine de sables bitumineux jamais réalisée au Canada.

Alors que le premier ministre de l’Alberta Jason Kenney est pressé de voir ce projet aller de l’avant, des protestations s’élèvent d’un bout à l’autre du pays, d’une part pour dénoncer la destruction qu’il causerait ainsi que sa contribution aux émissions de gaz à effet de serre, et d’autre part pour remettre en question sa viabilité économique et le fait qu’il serait dans l’intérêt des Canadiens.

L’automne dernier, un panel d’évaluation constitué de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale et de l’Alberta Energy Regulator recommandait la réalisation du projet Frontier, par la société minière canadienne Teck Resources.

Si elle était développée, la mine s’étendrait sur 24 000 hectares (environ deux fois la superficie de la ville de Vancouver) et permettrait à terme d’exploiter 260 000 barils de pétrole par jour. Ce projet serait à lui seul responsable de l’émission de 4,5 millions de tonnes de CO2 chaque année.

Le rapport du panel prévoit que Frontier entraînera la destruction permanente de forêts anciennes, d’habitats de poissons et de milieux humides riches en biodiversité qui couvrent près de la moitié du site. Les communautés autochtones Dene et Cri des environs devront également en subir les conséquences et risquent de perdre à jamais leurs savoirs traditionnels liés aux activités de subsistance sur le territoire perdu. Le panel rapporte des conséquences « irréversibles et de grande ampleur ».

Malgré cela, le rapport recommande la réalisation du projet en prétextant que les bénéfices l’emporteraient sur les conséquences néfastes. Ces bénéfices incluent des milliards en redevances pour les différents ordres de gouvernement et la création d’emplois au cours des 41 ans de vie projetée de la mine.

Frontier serait donc dans l’intérêt du public. Cela soulève bien des questions sur la définition de cet intérêt public par le panel constitué des gouvernements fédéral et provincial de l’Alberta.

Les Premières Nations qui seront gravement affligées par ce projet ne font-elles pas partie du public dont l’intérêt est censé orienter les décisions ? 

En 2018, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) n’a-t-il pas estimé que pour donner au monde 50 % de chances de maintenir les conséquences du réchauffement climatique sous un niveau jugé sécuritaire, la production de pétrole devait être réduite de façon draconienne et rapide ? Si cette définition de l’intérêt public n’inclut pas tous les publics ni nos perspectives de survie à moyen et à long terme, que vaut-elle ?

Un projet fragile

Les bénéfices estimés de Frontier pourraient même avoir été largement surestimés. La viabilité économique du projet est calculée sur une moyenne de 95 $ US le baril, alors qu’il n’a pas dépassé 75 $ US depuis la chute du prix du pétrole en 2014.

Dans son rapport annuel de 2018, l’entreprise elle-même reconnaissait qu’il existe une incertitude quant à la viabilité économique du site du projet Frontier. Considérant son espérance de vie de 41 ans, Teck Resources spécule sur le fait que le monde ne fera pas de transition vers les énergies propres de sitôt.

Le nettoyage du site et la restauration des milieux naturels après la fermeture de la mine ne semblent pas avoir été pleinement considérés.

Au moment où nombre d’entreprises affirment ne pas avoir la capacité de payer pour le nettoyage des sites après l’extraction des ressources, il persiste un risque que les gouvernements assument une fois de plus la facture. Cela soulève de sérieuses questions quant à la responsabilité environnementale.

Si les bénéfices de l’exploitation d’une ressource ne peuvent permettre d’assumer les coûts de sa restauration, qui paie réellement le prix de l’extraction ?

Incompatible avec les cibles canadiennes

Lors de l’accord de Paris en 2015, le Canada a réaffirmé ses cibles de réduction des gaz à effet de serre de 30 % par rapport aux niveaux de 2005 d’ici à 2030, et de 80 % d’ici à 2050. Cela signifie que le pays ne peut plus émettre que 168 mégatonnes de GES par an d’ici à 2050. Il est attendu que la mine Frontier génère à elle seule 4,5 mégatonnes de GES par an.

De plus, le projet rendrait impossible le respect de la loi adoptée en 2016 en Alberta sous la première ministre Rachel Notley, qui vise à limiter à 100 mégatonnes les émissions annuelles en provenance des sables bitumineux.

Selon l’Institut Pembina, les émissions atteindront 131 mégatonnes si l’on inclut les projets déjà approuvés. En comptant également les projets en cours d’approbation tels que Teck Frontier, les émissions annuelles s’élèveraient à 167 mégatonnes. Aussi bien dire que l’Alberta aura abdiqué toute responsabilité dans la mitigation des changements climatiques.

Un moment charnière

Alors que le gouvernement fédéral doit trancher sur le sort de Teck Frontier d’ici la fin du mois, l’importance de ce moment charnière apparaît clairement à tous les acteurs, y compris à l’un des principaux défenseurs du projet Frontier, le premier ministre de l’Alberta Jason Kenney. Ce dernier a affirmé il y a quelques jours que « si le projet ne va pas de l’avant, ce serait une indication claire qu’Ottawa veut abandonner les sables bitumineux ».

Teck Frontier semble être le premier test décisif de la détermination du gouvernement libéral de Justin Trudeau, élu notamment sur la promesse de rendre le Canada carboneutre d’ici 2050.

On ne peut sérieusement prétendre à la fois vouloir atteindre la carboneutralité d’ici 2050 et approuver ce mégaprojet qui permettrait d’extraire 6 millions de tonnes par année et nous enfermerait dans l’exploitation des énergies fossiles jusqu’en 2067.

Considérant la grande fragilité économique du projet Frontier, son incompatibilité avec les objectifs de réduction des émissions de GES et la perte irréversible de patrimoine naturel et culturel, Frontier ne doit pas aller de l’avant.

Il est temps de signifier notre refus sans équivoque de ce projet insensé. La mobilisation du public doit planter le dernier clou dans le cercueil de Teck Frontier.